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Affaire Lambert : Attention aux dérives !

Communiqué de presse


Le collectif « Guadeloupe, éthique et démocratie » et autres personnalités de la société civile

 


 

Nous voici à l’ère de la « post-vérité », qui s'appuie sur l'idée selon laquelle il est plus facile de façonner et d'infléchir l'opinion publique en jouant sur les émotions et la démagogie que de s'appuyer sur des faits avérés. « L’affaire Lambert » qui a enflammé les réseaux sociaux et les médias en décembre 2023 en Guadeloupe, est bien symptomatique de cette nouvelle ère.

 

Soyons honnêtes, nombre d’entre nous ont été émus par monsieur Lambert et sa famille, qui se disaient spoliés et ruinés, obligés de vivre sous une tente, car les locataires de la maison du Lamentin dont monsieur Lambert est propriétaire, auraient refusé de payer leur loyer depuis plusieurs mois.

 

Un collectif constitué de simples citoyens, mais aussi de militants associatifs et politiques, s’est rapidement créé en soutien à la famille Lambert, et a abouti à l’expulsion manu-militari des locataires (un couple et leurs deux enfants), sans aucune décision préalable de la Justice. Famille expulsée et obligée d’abandonner toutes ses affaires personnelles, sans autre forme de procès !

 

Or, on apprend ce 10 janvier 2024, dans la presse, que le Tribunal de Pointe-à-Pitre vient d’ordonner par référé à Monsieur Lambert, de remettre aux anciens occupants « leurs papiers d’identité, leurs moyens de paiement, leurs véhicules et l’ensemble des aménagements intérieurs et extérieurs » ! Il est probable que d’autres enquêtes soient en cours d’instruction, au vu de la gravité des faits, et du préjudice subi par cette famille. Et le Tribunal de préciser que « Monsieur Lambert a commis un trouble manifestement illicite en procédant de fait, sans titre exécutoire et sans respect des règles légales, à l’expulsion » de ses locataires !

 

On apprend en outre que les raisons qui auraient poussé les anciens locataires à ne payer leur loyer que de façon irrégulière, et d’avoir mis les sommes dues sous séquestre, tiendraient au fait que ces locataires se plaignaient auprès de Monsieur Lambert de l’état dégradé du logement.

 

Tout porte à croire qu’une grande partie de l’opinion publique guadeloupéenne ait été dupée quant à la vérité de cette sordide affaire, aussi bien par Monsieur Lambert que par les membres de ce fameux collectif. Certains membres du collectif n’ayant pas hésité à jouer sur la fibre patriotique et anticolonialiste, voire même en incitant implicitement à la haine raciale pour justifier l’emploi de la violence plutôt que le respect du droit, qui lui serait aux mains d’une justice étatique perçue comme coloniale.

 

Nous condamnons avec force tous les préjugés racistes d’où qu’ils viennent, qu’il s’agisse du racisme anti-Noir, du racisme anti-Blanc, et tous les racismes en général, qui ne sont mus que par la haine de l’Autre dès lors que cet autre serait différent de sa communauté ethnoculturelle ou religieuse !

 

Le courage est d’admettre, ici et maintenant, que nous nous sommes fourvoyés, ou du moins que nous avons été manipulés par ces « pseudo-justiciers » du peuple. Pourtant, nous le savons trop bien, la prépondérance de la force sur le droit, en tout temps et en tout lieu, ne peut conduire in fine qu’au règne de l’arbitraire et à la guerre de tous contre tous.

 

Que cette affaire au moins nous serve à l’avenir de leçon, à la fois sur le plan éthique et prudentiel, avant toute prise de position citoyenne ou militante : chercher d’abord à établir la véracité des faits, quitte à aller à contre-courant d’une opinion publique même majoritaire, le plus souvent façonnée par le primat de l’émotion sur la raison. Il y a bien entendu des émotions qui sont saines, voire même salutaires, mais à la stricte condition qu’elles se nourrissent de faits objectivement établis et vérifiés.

 

Guadeloupe, le 11 janvier 2024.

 

Les signataires du communiqué :

Tony ALBINA, Germain BEAUTIN, Mirette CALME, Michel CORBIN, David DAHOMAY, Jacky DAHOMAY, Michel EYNAUD, Béatrice IBENE, Nathalie ISAAC, Jean-Marc MONTOUT, Emmanuel RAVI, Michel REINETTE, Corinne SAINTE-LUCE, Georges VILA.

 

Contact presse : collectifged@gmail.com

 

 




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AR SOC
AR SOC
Jan 14

Vous parlez de haine raciale qui n'a absolument rien à voir avec ce qui c'est passé mais plutôt un sentiment de ras-le-bol mêlé à beaucoup d'affaires de ce type fonciers, littoral, voiture à pain etc de choses. Je retiens avant toute chose une solidarité mais s'il vous plaît revoyez votre terme "haine raciale". Vous parlez de racisme, observez l'attitude de certains venant s'installer en Guadeloupe. Fonciers, voiture à pain, littoral etc de choses. Faites un communiqué là dessus comme vous avez su le faire pour l'affaire Lambert.

Les Guadeloupéennes ens ne demandent qu'une chose : le respect il y a une culture sur l'île.

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