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Communiqué du 8 avril 2023

Dernière mise à jour : 18 avr. 2023

Communiqué de presse

Le collectif « Guadeloupe, éthique et démocratie »


Quand un élu de la République « dérape » !


Pour qui consulte les réseaux sociaux, les assauts de celles et ceux qui prétendent apporter au peuple guadeloupéen une supposée « réinformation », en mobilisant pourtant les outils de la désinformation, de l’intox et de la manipulation, sont une réalité permanente et désolante, dont le seul but est de « faire le buzz » au détriment de victimes quotidiennes. Toutefois, il y a longtemps que la nécessité de vérifier les sources, les auteurs, les médias s’est imposée à quiconque s’attache à construire un jugement sur la base d’une information loyale, fiable, vérifiée ; à quiconque s’efforce de contribuer à éclairer les consciences et à renforcer un contrat social partagé.


Notre collectif est donc particulièrement étonné quand il entend un élu de la République, un parlementaire guadeloupéen, au cours de l’audition de la Présidente du collège de la Haute autorité de santé (HAS) par la commission des affaires Sociales de l’Assemblée nationale, le 4 avril dernier, reprendre à son compte des ragots éculés au sujet du CHU de Guadeloupe, alors qu’ils sont faux. Encore plus, quand il s’agit d’un ancien président de la Fédération Hospitalière de Guadeloupe et ancien président du Conseil de surveillance d’un établissement public de santé. La communauté hospitalière mérite mieux ! La Guadeloupe mérite mieux !

Lors de l’audition de Mme Dominique Le Guludec, présidente du collège de l’HAS, par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale le 4 avril 2023, M. Elie Califer, député de Guadeloupe, a tenu les propos suivants à propos de la crise sanitaire COVID : « Ce ne sont pas seulement les couloirs qui sont des couloirs de la mort, mais ce sont les hôpitaux [de Guadeloupe] qui sont des hôpitaux de la mort, car pendant cette crise on a débranché les gens pour accélérer leur départ parce que, tout simplement, on avait suspendu des soignants. Il n’y avait pas de soignant pour soigner, en plus il n’y avait pas d’oxygène, il n’y avait rien pour soigner, les malades de la Guadeloupe. C’était une situation catastrophique. (…) nous avons eu, et ce n’est pas une lecture de territoire, des soignants qui ont cherché à soigner sans médicament, sans respirateur, et brusquement on les enlève de l’hôpital. Eh bien, un hôpital qui n’a pas de moyens ne peut que tuer ».

Les propos tenus par le député Elie Califer à l’Assemblée nationale accusant l’hôpital d’avoir « tué » des patients sont absolument scandaleux, tant par leur niveau d’ignorance et de désinformation que par les attaques abjectes portées contre l’ensemble du personnel hospitalier du CHUG. Nous les condamnons fermement !


Non, la HAS n’est pas « un influenceur » qui serait sous influence… dont on salue les avis quand ils arrangent mais qu’on décrie quand ils ne vont pas dans le sens de sa croyance. Cette suspicion ne fait pas honneur à ceux qui la lancent.


Non, les soignant.es n’étaient pas suspendu.es pendant la catastrophe sanitaire du mois d’août 2021. Certain.es étaient en vacances ou en arrêt de travail, quand d’autres avaient répondu à la mobilisation générale.


Non, on n’a pas « tué » au CHUG pendant la crise sanitaire ; au contraire des vies ont été sauvées chaque jour par dizaines grâce à l’investissement acharné des professionnel.les présent.es au CHU. Le service public a déployé tous les moyens disponibles (humains, matériels, financiers, techniques), avec un engagement exemplaire de son personnel (soignant.es, médecins, administratifs, technicien.nes) ainsi qu’avec la solidarité de celles et ceux venu.es en renfort depuis l’Hexagone. Dans le respect des données avérées de la science. Dans le respect du questionnement éthique. Sans cet engagement collectif, l’effet meurtrier de la vague aurait été pire encore, et des centaines de personnes supplémentaires auraient pu perdre la vie. Mais sans la vaccination et en l’absence d’une partie du personnel, le CHU s’est battu contre un variant puissant (Delta) qui s’est engouffré dans les vulnérabilités des usagers et des dispositifs de santé. Il a été débordé mais n’a tué personne et a tenu vaillamment pour sauver le maximum de vies, en poussant les murs, en multipliant les lits, les apports d’oxygène, les traitements, les techniques de réanimation, et en s’appuyant sur l’Etat pour organiser des évacuations sanitaires uniques dans l’histoire de la santé publique.


Il ne suffit donc pas de répéter des dénonciations pour qu’elles soient des vérités et leur propagation ne fait pas honneur à ceux qui les utilisent pour des fins peu avouables.


Le collectif demande aux élu.es de notre territoire de défendre les intérêts des Guadeloupéen.nes, et notamment les conditions de leur bonne santé. Et donc d’apporter leur confiance aux professionnel.les, leur confiance aux établissements de santé, leur confiance à la science, y compris à l’un des cinq vaccins disponibles (dont deux ne sont pas à ARN messager) qui auraient pu éviter une bonne partie des cas graves et des décès de 2021, et pourraient encore protéger tant de personnes fragiles.


Il est grand temps de retrouver une Guadeloupe apaisée, et de se reconstruire collectivement après cette pandémie qui aura provoqué tant de victimes, tant de souffrances, et tant de dissentiments. Compte-tenu de l’évolution favorable de l’épidémiologie, la HAS a récemment déclaré que même si elle recommandait encore fortement la vaccination contre le covid-19, elle ne s’opposait plus désormais à la réintégration des professionnel.les de santé non vacciné.es. Et le ministre de la santé s’est dit favorable à cette réintégration. Souhaitons que cette décision attendue puisse permettre de résoudre ces tensions sociales qui n’ont que trop duré.


Les signataires du communiqué :

Tony ALBINA (enseignant), Rita AZAR (Journaliste), Jener BEDMINSTER (philosophe), Pascal BLANCHET (professeur de médecine au CHUG), Frédéric BRAUD (urologue), Mirette CALME (professionnelle du paramédical), Elizabeth CHOMEREAU-LAMOTTE (enseignante retraitée), Michel CORBIN (architecte), David DAHOMAY (cadre territorial), Jacky DAHOMAY (philosophe), Sonia DERIAU-REINE (enseignante retraitée), Danièle DEVILLERS (haut fonctionnaire retraitée), Michel EYNAUD (psychiatre), Gilbert GENDREY (médecin), Hervé GUIBERT (chirurgien dentiste), Elisabeth GUSTAVE (enseignante), Béatrice IBENE (vétérinaire), Eustase JANKY (professeur de médecine, ancien président de l’université des Antilles), Bruno JOFA (architecte), Christian JOLIVIERE (ancien directeur du CHUG), Marilyn LACKMY (praticien hospitalier), Viviane MELYON DEFRANCE (médecin), Gil MANUEL (vétérinaire), Rosan MONZA (artiste), Stéphanie MULOT (sociologue), Henri NAGAPIN (directeur de clinique), Errol NUISSIER (psychologue), Patrick PORTECOP (médecin, chef de service du SAMU au CHUG), Michel REINETTE (journaliste), Pierre REINETTE (haut fonctionnaire retraité), Viviane ROLLE-ROMANA (psychologue), Serge ROMANA (professeur de médecine), Corinne SAINTE-LUCE (médecin), Fabienne SSOSSE (enseignante), Georges VILA (enseignant retraité), Guy WELADJI (cardiologue).



Contact presse : collectifged@gmail.com






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1 Comment


max.simon8
Apr 17, 2023

J'ai rarement lu des propos aussi lucides sur cette dramatique période de la vie sociale guadeloupéenne . Vous avez fait preuve d'un courage exceptionnel car la vérité nous semble souvent proche mais se révèle insaisissable parfois dangereuse. La vérité doit être pour tous l'ajustement de son discours à la réalité tout autre comportement relève de la malhonnêteté.

Max NICOLAS :Personnel de direction Education Nationale Professeur Retraité

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